image de couverture chapô article Harcourt ©Médiathèque de l'architecture et du patrimoine

Le fonds photographique Harcourt de la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Géré par la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine (MAP), le fonds photographique Harcourt recèle des témoignages émouvants de notre territoire. Inconnus ou stars de passage se sont pressés dans le fameux studio parisien. Notre fonds de dotation Crédit Agricole d’Ile-de-France Mécénat soutient une grande opération de sauvetage de négatifs datant du début du XXe siècle et menacés par l’oxydation.

Le Fonds Harcourt, mémoire d’un studio mythique du tout Paris… et d’ailleurs

Le studio Harcourt est créé en 1934 par les frères Lacroix, patrons de presse, par Robert Ricci, fils de la couturière Nina Ricci, et par Cosette Harcourt. L’objectif est alors de répondre au besoin d’images des deux frères pour leurs publications. En utilisant les éclairages du cinéma, le studio développe rapidement une esthétique nouvelle, aisément reconnaissable.

Dans Paris occupé, le studio accroît son activité et modernise ses installations. Il devient le premier studio de portrait de la capitale.

En 1944, avec les Américains, c’est l’apogée du studio. Il fait travailler jusqu’à quatre-vingts personnes, maquilleuses, éclairagistes, photographes, tireurs et retoucheuses et réalise entre 1934 et 1979 près de quatre cent mille commandes.

En 1989, le studio connait des difficultés financières. Conscient de l’intérêt patrimonial du fonds, le Ministère de la culture décide d’acquérir 4 millions de négatifs produits entre 1934 et 1979, ainsi que le fichier-clients et les planches-contact correspondants.

Le fonds est alors conservé et étudié par le service des Archives photographiques au fort de Saint-Cyr, à Montigny-le-Bretonneux, aujourd’hui département de la photographie de la Médiathèque de l’architecture et du Patrimoine (MAP).

Le 10 octobre 1991, la société « Les studios photographiques Harcourt » est déclarée en redressement judiciaire. À cette occasion sont acquis environ 80 000 négatifs produits par le studio durant la période 1980-1989, ainsi qu’un ensemble d’environ 300 tirages, qui viennent rejoindre le fonds acheté en 1989.

image Harcourt studio ©Médiathèque de l'architecture et du patrimoine

En France, on n'est pas acteur si l'on n'a pas été photographié par les studios d'Harcourt.

Roland Barthes

Célébrités et anonymes en danger

Le fonds comprend deux grands ensembles : une série intitulée Célébrités, et une série dite Anonymes, qui regroupe l’ensemble des commandes depuis les années 1930. Celles-ci sont classées selon un ordre chronologique, et le fichier clients correspondant regroupe environ 250 000 fiches et permet l’accès aux négatifs.

Quelques documents d’archives et environ 300 tirages originaux complètent le fonds.

Pour des raisons de sécurité (matériaux inflammables), environ 2 millions de négatifs d’avant 1954 ont été transférés en 1995 sur un site de conservation dédié géré par le Centre national du cinéma (CNC) à Bois-d’Arcy (Yvelines). Environ 1800 boîtes contiennent les commandes passées avant 1954. En un plus de vingt ans, elles se sont oxydées et ne jouent plus leur rôle de protection face aux variations de température et de climat.

Une partie des négatifs a commencé à se dégrader, malheureusement de façon irréversible et « contagieuse » pour les négatifs encore sains.  Il est donc urgent d’extraire les négatifs dégradés et de renouveler l’ensemble des contenants. Ce reconditionnement permettra également une identification plus fine du contenu des boîtes, grâce à un étiquetage plus précis.

image Harcourt Romy ©Médiathèque de l'architecture et du patrimoine

Une opération de sauvetage complexe

La dangerosité potentielle du nitrate rend ces travaux complexes. Les négatifs doivent être reconditionnés sur place et les équipes équipées en conséquence. Il faut qu’ils soient déplacés en plein air, entre des cellules distantes (une opération difficile à mener en hiver).

Un sauvetage mené de concert par :

  • Le Centre national du cinéma qui assure l’élimination des éléments dégradés
  • La MAP qui prend en charge les équipements de sécurité
  • Des restaurateurs spécialisés pour l’étape de reconditionnement, afin d’effectuer dans les temps et de manière rigoureuse cette opération délicate.

Consciente du rôle des institutions patrimoniales dans la sauvegarde de ces métiers, la MAP a également choisi d’intégrer un jeune talent à cette équipe de restaurateurs.

vignette MAP pour lien

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