Où acheter en Île-de-France ?

Interview de Martin Omhovère, directeur du département Habitat et Société de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme d’Île-de-France et partenaire avec le Crédit Agricole d’Ile-de-France du lancement de Où acheter en Île-de-France ?

À Paris, les prix sont sur le point de franchir les 10 000 €/m². Est-ce encore possible de se loger dans ces conditions ?

Effectivement, les prix immobiliers parisiens ont fortement progressé. En dix ans, leur hausse a été de l’ordre de 55 % à Paris et ils frôlent désormais les 10 000 €/m². Mais si la situation parisienne traduit les défis de l’accès au logement dans une métropole mondiale, il ne faut pas se focaliser sur un territoire qui ne pèse que pour 0,9 % du territoire régional et 17 % de sa population.

À travers la variété de ses territoires, l’Île-de-France offre un éventail d’opportunités résidentielles très variées avec, pour les prix immobiliers, un rapport allant au moins de 1 à 3 entre les marchés immobiliers les plus tendus et les plus abordables. Cette variété recouvre aussi différents modes d’habiter. 

Martin Omhovère, directeur du département Habitat et Société de l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme d'Île-de-France

80 % des espaces d’habitat sont en effet pavillonnaires. Les chiffres du Crédit Agricole révèlent ainsi que 59 % des emprunteurs achètent un logement pour la première fois. Pour un tiers d’entre eux, il s’agit d’une maison, et dans 85 % des cas, le bien est situé hors de Paris.

S’éloigner pour acheter, n’est-ce pas le premier pas vers un quotidien impossible caractéristique des habitants de l’agglomération ?

Il est vrai que le déroulement des trajectoires résidentielles s’accompagne souvent d’un éloignement du centre pour trouver un logement dont la taille est adaptée à sa famille et compatible avec son budget. Il ne faut toutefois pas exagérer : plus du tiers des ménages déménagent au sein même de leur commune, les trois quarts dans un rayon de trois communes. Idem, la vision de navettes domicile-travail interminables ne concerne qu’une frange des actifs franciliens : 2 navetteurs sur 10 mettent plus d’une heure pour se rendre au travail, et presque autant moins d’un quart d’heure (18 %) ! L’application développée pour le compte du Crédit Agricole permet à chaque Francilien d’entrer ses propres critères : temps de transport mais aussi les aménités culturelles, commerciales ou environnementales qu’il souhaite trouver près de chez lui pour contribuer à sa qualité de vie, au quotidien.

Est-ce la première fois que l’Institut travaille avec une banque ?

Oui, c’est une première. Mais l’Institut a un modèle économique mixte et a toujours eu des activités commerciales en France et à l’international. Aujourd’hui, nous maîtrisons des techniques de traitement des données et de développement d’applications géographiques interactives reconnues. C’est ce savoir-faire qu’est venu chercher le Crédit Agricole en nous sollicitant. Au-delà de l’aspect commercial, cette expérience avec le Crédit Agricole a permis de nouer un partenariat autour de la donnée. Précieux à l’heure du big data, il nous engage à diversifier nos sources statistiques. À la clé : un outil accessible à l’ensemble des Franciliens qui souhaitent acheter. Respectueux des données personnelles, il contribue à la transparence de l’information sur le rôle du crédit dans les achats immobiliers.

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