banques coopératives

Olivier Gavalda

Directeur général

Mutualisme & Sociétariat

20/11/2017

« Banques coopératives : l’union (avec nos clients) fait la force »

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Rendre des comptes aux clients, et à eux seuls À quatre yeux, on y voit nettement mieux Miser sur un développement humain du territoire

Début 2017, la loi Macron relative à la mobilité bancaire est entrée en application. Les Français peuvent plus facilement changer de banque. Quel point commun ont les 3 banques les plus rejointes ? Elles sont coopératives [1] ! Ce système de gouvernance particulier met la priorité à l’utilité, avant la rentabilité… Les banques coopératives sont en ligne directe avec leurs clients.

Rendre des comptes aux clients, et à eux seuls

« Tout seul, on va plus vite. Ensemble on va plus loin. » Ce proverbe résume à mon sens parfaitement l’esprit des banques coopératives, et le modèle sur lequel elles sont construites. Notre différence ? Le fait d’appartenir à nos clients sociétaires, détenteurs des parts sociales et donc du capital de nos Caisses locales – base de notre organisation. Cette particularité est fondamentale, puisqu’elle fait de nous des sociétés de personnes. À la différence des banques en Société Anonymes (S.A.), nous ne subissons pas la pression des actionnaires à faire du profit à tout prix et dans l’instant. L’unique pression que nous avons est celle du client et de l’utilité, de l’efficacité des services que nous lui proposons. Seuls aux sociétaires nous devons rendre des comptes. Chaque année dans toute la France, les sociétaires du Crédit Agricole participent à l’assemblée générale de leur Caisse locale et échanges avec les dirigeants de leur banque. Je vous assure qu’il n’y a ici pas de folklore quand un client prend le micro pour vous dire ce qui va – ou ce qui ne va pas ! – dans votre banque. Quand un patron est ainsi exposé directement et sans filet à cet exercice, la gestion de l’entreprise devient consciente : je suis au service du client. Mon rôle est de lui proposer des solutions qui répondent à ses attentes. C’est tout. Cette mission d’utilité a été, est et restera la raison d’être des banques coopératives. Le risque de l’oublier n’existe pas : les sociétaires élisent leurs représentants en assemblée générale selon le principe « un sociétaire = une voix », quelques soit le nombre de parts sociales détenues. Ces élus siègent au conseil d’administration de la Caisse locale et désignent leur Président(e) chargé(e) de représenter les sociétaires de la Caisse locale à l’échelon de la banque régionale. Grâce à ce système, le client est présent à tous les étages de la Banque.

Tout seul, on va plus vite. Ensemble on va plus loin.

Olivier Gavalda Directeur général du Crédit Agricole d'Ile-de-France

À quatre yeux, on y voit nettement mieux

Le modèle coopératif est singulier par son mode de gouvernance. Il nous oblige à partager nos regards sur un même sujet. Le regard de l’élu – représentant les sociétaires et donc les clients – et le regard du banquier professionnel. Si leurs profils peuvent être différents, ils sont en tout cas très complémentaires. Après tout qui mieux qu’un agriculteur, un commerçant ou un médecin pourrait parler des besoins des professionnels de son secteur ? Qui d’autre qu’un entrepreneur pour témoigner du parcours du combattant de la création d’entreprise ? Il est vital pour une banque coopérative d’avoir au cœur de sa gouvernance des clients. Ce sont des esprits libres plein de bon sens. Présents au sein des comités spécialisés : audit, risques, investissements, nominations… Ces administrateurs ont leur mot à dire en validant notamment la stratégie d’entreprise proposée par la direction et en contrôlant sa bonne exécution. Ces femmes et ces hommes sont la voix du client. Leur exigence au quotidien nous renvoie à notre mission : être utile à nos clients.

Miser sur un développement humain du territoire

En décentralisant le pouvoir et en le plaçant à l’échelon local, nous ne nous enfermons pas. Au contraire, nous permettons un vrai management de proximité et une capacité à être constamment en « mode agile ». C’est un véritable atout pour rapidement améliorer les pratiques, dupliquer les succès et ne pas répéter les erreurs. Je ne le vois pas uniquement au Crédit Agricole d’Ile-de-France mais aussi dans les autres banques coopératives qui en dynamisant leur territoire respectif – grâce aux actions menées par et avec leurs sociétaires – rayonnent et s’ouvrent davantage. Par exemple jamais sans les élus de Caisses locales nous n’aurions au Crédit Agricole d’Ile-de-France testé le financement participatif avec la plateforme Tudigo. Cette initiative a été un succès et nous l’étendrons prochainement. Car c’est en restant connectés les uns aux autres – au sens propre comme au figuré – que nous pourrons continuer à miser sur l’humain pour construire la société de demain.

 

Dans l’air du temps, le modèle coopératif est discuté voire contesté : son avenir est menacé. Pourtant l’histoire lui a donné plus d’une fois raison et le présent montre que les banques coopératives sont gérées de façon efficace et sécurisée. Pour continuer à avoir des banques proches de leurs clients et investies sur leur territoire, je suis convaincu que le modèle coopératif est la solution. Ce modèle a de l’avenir.

 

[1] selon le cabinet Arcane Research

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