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Pacte coopératif et territorial - RSE

10/06/2020

La banque à l’heure de la responsabilité environnementale

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Réorienter financement et activités vers la transition énergétique. Mesurer les pratiques internes pour mieux se mobiliser.

Des scientifiques unanimes, une présence croissante dans l’agenda politique, une jeunesse mobilisée... Alors que la responsabilité environnementale s’impose comme l’un des défis majeurs de notre siècle, en particulier avec la crise sanitaire mondiale que l’on traverse, l’engagement des banques se renforce. L’enjeu : faire évoluer leurs pratiques et inciter leurs clients à faire de même.

En septembre 2019, 130 groupes bancaires pesant plus de 47 billions de dollars ont adopté les « Principes pour une banque responsable » des Nations Unies. Six principes qui visent à l’amélioration de l’impact environnemental de l’activité bancaire, l’encouragement des pratiques économiques vertueuses et l’atteinte des objectifs de développement durable de l’ONU et des Accords de Paris.

Longtemps perçus « en retard » sur le sujet, les acteurs bancaires ont compris qu’ils doivent mieux concilier financement de l’activité économique et prise en compte des questions environnementales. L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) estime d’ailleurs que les banques françaises voient désormais plus loin que leurs obligations règlementaires ou leur risque en termes d’image. Elles intègrent peu à peu le risque climatique dans l’ensemble de leurs processus de gestion, ce qui est un pas essentiel vers le verdissement de leurs financements et de leurs activités.

Réorienter financement et activités vers la transition énergétique

 

Le premier moyen d’action majeur des banques est la réorientation de ses actions de financement en fonction du risque climatique. Alors que le soutien aux projets d’exploitations des énergies les plus polluantes s’est élevé à 115 milliards de dollars en 2017 (en augmentation de 11% par rapport à 2016), les principaux groupes bancaires français n’y ont contribué qu’à hauteur de 5,4 milliards d’euros. Une part qui devrait continuer à se réduire.

En 2019, le groupe Crédit Agricole a d’ores et déjà respecté son engagement de ne pas développer de relation avec des entreprises dont l’activité charbon thermique représente plus de 25 % de leur chiffre d’affaires. Premier financeur institutionnel de l’industrie photovoltaïque dans l’Hexagone, il entend renforcer son soutien aux acteurs économiques de la transition énergétique.

Ce qui vaut pour les entreprises vaut également pour les particuliers.  À l’heure de l’efficacité énergétique, mieux accompagner ses clients suppose de les conseiller lors de toutes les phases de leur achat immobilier, y compris sur la réalisation de travaux d’isolation ou l’acquisition de dispositifs de production d’énergie verte : diagnostic, intervention de professionnels de confiance, sans oublier les aides financières à solliciter. En ce qui concerne les nouvelles mobilités écologiques, le lancement de produits d’assurance adaptés aux véhicules électriques individuels (e-trottinettes, e-skates, etc.) doit permettre de stimuler leur usage tout en protégeant chaque utilisateur.

Mesurer les pratiques internes, mieux se mobiliser pour la responsabilité environnementale

 

Le second moyen d’action est l’intégration de la responsabilité environnementale dans les politiques et processus internes des groupes bancaires. La mise en place d’instruments de mesure des progrès en matière de RSE apparaît comme la pierre angulaire du changement.

  • 73/100 score Ethifinance du Crédit Agricole d'Ile-de-France

Plusieurs leviers peuvent alors être activés. On pense tout d’abord à l’indexation d’une partie de la rémunération variable du top management à des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), mise en œuvre dans plus des trois quarts des groupes du CAC40. Se pose alors la question du nombre et de la qualité des critères ESG pris en compte : selon une étude PwC/ORSE de 2017, la plupart des entreprises se contentent de quelques critères. D’autres ont une approche plus globale, évaluant la performance sociale et environnementale au niveau du groupe comme des filiales sur la base de plusieurs centaines d’indicateurs.

Il est également possible de définir des indicateurs RSE spécifiques à chaque nouveau processus interne mis en place, qu’il soit orienté produit, client, management ou support. Il s’agit ici de penser en amont aux moyens permettant d’optimiser la performance environnementale des pratiques, de sensibiliser l’ensemble des managers ainsi que les équipes opérationnelles de terrain.

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