Guillaume Vanthuyne

Président du Conseil d'Administration

Michel Ganzin

Directeur Général

Interview croisée : la banque, c’est accompagner la vie des autres

Plus que jamais mobilisé aux côtés des acteurs régionaux, le Crédit Agricole d’Ile-de-France continue de renforcer ses fondamentaux économiques, son modèle mutualiste et son action pour le territoire. Le Président du Conseil d’Administration, Guillaume Vanthuyne et le Directeur Général, Michel Ganzin brossent le portrait de l’année, et surtout de l’avenir.

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Cela fait trois ans que vous êtes respectivement Président et Directeur Général du Crédit Agricole d’Ile-de France. Quelles sont vos plus grandes fiertés ?

Guillaume Vanthuyne (G.V) : Que les valeurs de responsabilité, de solidarité et de proximité, qui constituent l’ADN de notre modèle coopératif depuis 1901, soient au cœur de notre projet d’entreprise UNIQUES. Cela apporte stabilité à notre approche, hauteur de vue à notre gouvernance, ainsi que la capacité de porter une vision de long terme. Avec notre projet d’entreprise UNIQUES, nous savons où nous allons, pourquoi nous innovons et comment faire évoluer nos pratiques.

Michel Ganzin (M.G) : Pour ma part, et c’est d’ailleurs lié aux propos de Guillaume, je dirais le renforcement de la proximité relationnelle avec nos clients. En quelques années nos indices de contact, de joignabilité, de proactivité et de réactivité de nos réponses ont considérablement augmenté : nous sommes par exemple passés de 51 à près de 70 % de clients contactés par an entre 2023 et 2025. Cette relation humaine renforcée est la plus grande force de notre modèle et la pierre angulaire de notre valeur.

Il est donc possible de faire fonctionner une banque avec uniquement de la relation ?

G. V. : Je vais peut-être vous surprendre, vous étonner, mais la banque, c’est la vie des autres. On ne sera jamais un bon banquier si l’on n’est pas curieux des autres. On ne saura pas anticiper les besoins si l’on n’est pas proches de nos clients. Et plus le client se digitalise, plus il a besoin d’une relation humaine adéquate, performante et compréhensive au moment où celle-ci doit entrer en jeu. L’humain et le digital, la personnalisation et l’IA ne s’opposent pas, elles se complètent dans l’intérêt du client.

M. G. : À mon tour de faire une grande phrase alors (sic) ! Les gens qui disent que les promesses engagent « ceux qui les écoutent » ont tort. Les promesses engagent ceux qui les font. Et une promesse relationnelle, elle se tient tous les jours, tout le temps et par tous les temps. La récompense se lit dans notre activité commerciale, on y reviendra, mais aussi dans notre Indice de Recommandation Client, qui est en hausse sur tous les marchés : particuliers, professionnels, entreprises, agriculteurs, banque privée, patrimoniaux… Et nous visons encore plus haut.

On ne sera jamais un bon banquier si l’on n’est pas curieux des autres. On ne saura pas anticiper les besoins si l’on n’est pas proches de nos clients.

Guillaume Vanthuyne

Président du Conseil d’Administration du Crédit Agricole d’Ile-de-France

Comment souhaitez-vous consolider cette dynamique en 2026 ?

M. G. : Pour encore améliorer notre promesse relationnelle, nous avons mené un important chantier de révision de la segmentation de notre clientèle : plus précise, plus qualifiée, plus prospective aussi. 2026 nous permettra, j’en suis sûr, d’en récolter les fruits. Nous allons également expérimenter une nouvelle forme de relation avec notre clientèle patrimoniale. Elle prendra la forme d’une agence physique pas comme les autres, regroupant expertises réseau et siège sur des horaires élargis avec une relation principalement à distance. Cette brique s’ajoutera à nos autres entrées en relation, en agence classique et en ligne. Je précise que cette idée ne tombe pas du ciel : elle est le fruit d’un dialogue mené avec nos clients sur leurs besoins et nous espérons y répondre de la meilleure des manières.

G. V. : Année après année, il faut continuer à agir pour le territoire. En 2025, le nombre de sociétaires a nettement augmenté : ils sont désormais 434 500, soit 26 500 de plus que lorsque nous avons lancé notre projet UNIQUES en 2023, et nous sommes en avance sur la trajectoire qui doit nous mener à 450 000 sociétaires. Nous sommes également en avance sur nos objectifs cibles d’actions mutualistes de nos Caisses locales ou encore d’Indice d’Engagement et de Recommandation de nos élus. C’est la preuve d’un modèle qui fonctionne et que nous devons continuer à améliorer sur deux points : capter des élus plus jeunes et multiplier les remontées d’opportunités de terrain qu’ils effectuent via Tous Engagés, une application dédiée aux élus pour partager et communiquer sur la vie locale.

Ces perspectives se basent sur une forte mobilisation de vos ressources en interne. Comment allez-vous continuer à l’encourager ?

G. V. : Je parlerais d’engagement plutôt que de mobilisation. Un engagement qui est la conjonction d’un travail de fond sur les valeurs et le développement avec un sens du collectif particulièrement fort. Pourquoi ? J’en reviens à la place cardinale de la proximité dans le triptyque de la coopération : la proximité est une volonté d’agir avec le souci constant d’être utile à son territoire et aux générations suivantes. C’est en étant solides sur ces appuis que nous tirerons la force d’aller plus loin.

M. G. : Ce que dit Guillaume est essentiel, et je vais y rattacher l’importance que j’ai toujours porté à la culture d’entreprise. C’est notre identité collective, le moteur de notre prise de décision et le carburant de notre innovation. Alors imaginez ma satisfaction quand je vois l’Indice d’Engagement et de Recommandation de nos collaborateurs croître alors que notre organisation bouge de tous les côtés et que des efforts ont été consentis afin d’accélérer nos développements. C’est sans doute le résultat qui me fait le plus plaisir cette année.

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’activité commerciale et le Produit Net Bancaire 2025 ?

M. G. : Côté commercial, nos ventes ont progressé de 17 %, avec une forte conquête sur les crédits, une performance remarquable sur la collecte, mais aussi sur l’assurance, ce qui récompense nos efforts en la matière. De plus, notre marge d’intermédiation se redresse en 2025 et ce n’est que le début de cette inflexion. Nos performances commerciales, la qualité de notre service se reflètent à nouveau dans nos performances financières. Nous sortons de cette conjoncture défavorable qui a débuté en 2022 avec une hausse significative et rapide des taux.

G.V. : Notre performance économique apporte sécurité et stabilité à nos 4 200 salariés et plusieurs centaines de milliers de clients. Notre spécificité est aussi de porter une finalité, celle de nous préparer au mieux aux chocs démographiques, climatiques et économiques en accompagnant de manière renforcée les secteurs d’avenir.

  • + 17 500

    de clients sociétaires

    en 2025

  • 89/100

    notation EthiFinance(1)

    + 11 points sur un an, Niveau Platine

Deux lancements 2025 ont particulièrement attiré l’attention, la création de la banque d’innovation BLOOMUP et l’ouverture aux sociétaires d’un FCPR* dédié au financement de PME et ETI franciliennes. Quelle est leur importance dans votre stratégie ?

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G. V. : Ces deux lancements incarnent notre utilité pour le territoire. Sur l’accompagnement et le financement des startups, nous avons longtemps été trop prudents et il était temps de donner cette impulsion avec BLOOMUP. D’autant plus que nous sommes déjà fortement positionnés sur le soutien des jeunes entreprises et créateurs via nos fonds de mécénat.
Le FCPR fait aussi partie de notre ADN : le Crédit Agricole d’Ile-de-France a facilité l’accès à l’électricité en zone rurale dans les années 20, à la propriété, et désormais au private equity qui n’est rien d’autre que le soutien à des entreprises locales de l’économie réelle. Ce fonds incarne nos valeurs et il était naturel de le réserver à nos sociétaires, qui en sont les garants. Enfin, et c’est à souligner, ces deux initiatives sont alignées avec les thématiques de nos filières Transitions et Santé – Bien Vieillir : nous mettons en place tout un écosystème cohérent, au service de l’Île-de-France.

M. G. : Nous nous appliquons à nous-mêmes les conseils que nous donnons en gestion d’épargne et de patrimoine : diversifier. Entre les enveloppes d’investissement en capital de SOCADIF et BLOOMUP by Crédit Agricole d’Ile-de-France, les investissements immobiliers réalisés par notre foncière et l’équipement croissant de nos clients sur tous leurs besoins, nous avons toutes les cartes en main pour augmenter notre utilité et notre impact sur le territoire d’Ile de France.

Qu’avez-vous envie de dire à toutes celles et ceux qui tendent à opposer performance et responsabilité ?

M. G. : Que nous allons leur prouver qu’ils ont tort ! L’année commerciale très performante qui vient de s’écouler nous a également vus obtenir une notation EthiFinance ESG Ratings de 89/100. Cela correspond à la médaille Platine, soit le plus haut niveau de reconnaissance décerné. Pourquoi ? Car nous raisonnons en RSE, mais aussi en ce que j’appelle la RTE – Responsabilité territoriale des entreprises. C’est-à-dire que notre action bancaire et sociétaire doit se mettre encore plus au service des acteurs économiques et des deux grands drivers de société de notre territoire francilien : transition environnementale et démographique. On ne peut pas se tromper en investissant sur ces deux sujets d’avenir !

G. V. : Quand on voit des dirigeants internationaux remettre en cause les Conférences pour le Climat, ou encore des engagements qui faiblissent çà et là… Réaffirmer notre forte participation aux transitions est tout sauf de l’eau tiède. Cela reflète la constance d’un engagement qui essaie d’embarquer tout le monde sans opposer économie et écologie.

Nous raisonnons en RSE, mais aussi en ce que j’appelle la RTE – Responsabilité territoriale des entreprises

Michel Ganzin

Directeur Général

Pour finir, que souhaitez-vous pour les années à venir ?

M. G. : Je vois l’avenir avec sérénité car notre modèle est fort. Je le vois aussi très excitant car nous avons de nombreux défis à relever. Et surtout je le vois humain car le challenge le plus important concernera nos collaborateurs, à la valeur que nous saurons donner à la spécificité humaine alors que l’IA sera de plus en plus présente dans nos process.

G. V. : Une citation que j’aime beaucoup dit « le pessimisme est une humeur, l’optimisme est une décision. » Cette décision, nous l’avons. Elle fait partie de notre ADN mutualiste. Et additionnée au courage et à la pertinence des choix stratégiques et opérationnels réalisés, elle est la condition de notre force.

(1) Note 2024 décernée en 2025 par l’agence de notation extrafinancière EthiFinance ESG Ratings. Elle s’appuie sur un référentiel d’une centaine de critères sur les thèmes Gouvernance, Social, Environnement et Parties Prenantes Externes.
* Fonds Commun de Placements à Risques.

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