« Notre ADN, c’est l’agriculture francilienne »

Agriculteur dans le Val-d’Oise, Etienne de Magnitot, nouveau président du Crédit agricole d’Ile-de-France et administrateur de la FDSEA Île-de-France, répond aux questions du journal Horizons

Étienne de Magnitot, Président du Crédit agricole d’Île-de-France

Vous venez d’être élu Président du Crédit agricole d’Ile-de-France, pouvez-vous nous parler de-vous ?

Ingénieur agronome diplômé d’AgroParisTech, je suis agriculteur à dominante céréalière et sylviculteur dans le Val-d’Oise. Mon attachement à ce territoire est profond puisque je suis né dans le Vexin et ma famille y vit depuis plusieurs générations. Marié et père de quatre enfants âgés de 16 à 21 ans, je suis passionné d’histoire et d’architecture. Je suis également très attaché à notre modèle mutualiste qui est l’origine et l’identité de notre banque régionale. Concernant mon parcours, je suis devenu en 1984 administrateur de la Caisse locale de Magny-en- Vexin, dont je suis devenu président en 1986 à la suite de Michel Barrellier. Je suis ensuite devenu administrateur de la Caisse Régionale et, en 1994, j’en ai été élu vice président à la suite de Max Grenet. Depuis le 5 novembre, je succède à François Imbault à la présidence de la Caisse Régionale.

Quel bilan tirez-vous pour l’agriculture francilienne pour l’année 2018 ?

L’année 2018 aura vu le retour de la qualité pour notre blé tendre, tant en protéines qu’au niveau des poids spécifiques. Les rendements ont toutefois été impactés par les inondations et sécheresses. Notre territoire francilien a été globalement moins touché que les autres, même si certaines zones ont beaucoup souffert. Notons le retour des prix haussiers : cela fait plus de cinq ans que les prix n’avaient pas autant augmenté, avec une pointe à 223 euros/tonne début août et un cours qui semble se stabiliser aujourd’hui à 200 euros/tonne. Malgré un contexte incertain, couplé à de fortes contraintes liées aux normes réglementaires, au durcissement des critères environnementaux et à la présence répétitive d’aléas climatiques, nous continuons à soutenir notre agriculture francilienne qui fait partie de notre ADN, et nous continuerons à être présents à ses côtés.

Justement, comment le Crédit agricole d’Ile-de-France a-t-il accompagné les agriculteurs franciliens en 2018 ?

Nous avons mis en place plus de 1 200 dossiers de crédits sur notre territoire. Côté innovation, en partenariat avec les coopératives adhérentes à Be-Api (filiale d’InVivo, NDLR), nous avons construit une nouvelle offre de financement dédiée à l’agriculture de précision. Nous avons accompagné plus de dix projets, ce qui est un bon début pour
cette solution innovante. Par ailleurs, le renouvellement de notre partenariat signé l’année dernière avec les Jeunes agriculteurs nous a permis d’accompagner plus de 90 %
des jeunes agriculteurs dans leur projet d’installation. Enfin, il me tient à coeur avec les élus de nos 52 caisses locales du Crédit agricole d’Ile-de-France de valoriser l’agriculture francilienne et d’en faire la pédagogie. C’est ainsi que nous avons permis à plus de 1 600 enfants de visiter la plus grande ferme française à l’occasion du Salon de l’agriculture 2018 à Paris, opération que nous renouvelons en 2019. Par ailleurs, nous avons été heureux de participer au 65e Festival de la terre à Ableiges (Val-d’Oise) en septembre dernier. La thématique choisie, «Du champ à l’assiette», a permis notamment de valoriser notre territoire et le savoir-faire francilien.

Des contraintes et aléas qui évoluent, une agriculture soumise de plus en plus aux pressions environnementales et de marché… Quel rôle le Crédit agricole jouera-t-il dans l’agriculture de demain ?

Notre rôle sera focalisé autour de trois axes: innover, accompagner et valoriser. L’agriculture étant en perpétuelle mutation, nous continuerons à innover pour simplifier le quotidien de nos agriculteurs franciliens. L’accompagnement devra être plus technique pour apporter de la valeur auprès d’agriculteurs se lançant dans de nouvelles activités (comme la diversification, les énergies renouvelables, les circuits courts, etc.). Par ailleurs, nous avons bien avancé avec la Safer sur une solution nouvelle de portage foncier afin de permettre des installations qui n’auraient pas pu voir le jour sans ce dispositif, compte tenu de la charge du foncier. Nous souhaitons être en permanence à l’écoute de la filière agricole qui est aussi la nôtre. Nous avons bien conscience que les cinq dernières années difficiles vont peser encore longtemps sur les exploitations. Nous avons accompagné les situations difficiles au travers de différentes mesures de soutien et continuerons d’être présents dans les bons comme dans les mauvais moments. Le rôle du Crédit agricole, c’est aussi de valoriser la filière agricole, que ce soit par la communication, la pédagogie, et aussi par notre présence continue auprès des autres OPA franciliennes. À ce titre, je vous donne rendez-vous le 8 février pour la journée Agriculture et coopératives, organisée à l’attention de nos clients agriculteurs, coopératives, mais aussi nos partenaires OPA, avec un sujet d’actualité : « L’agriculteur francilien face au défi de la mondialisation », et l’intervention de Jean-Marie Séronie.

À lire aussi