Le marché immobilier francilien n’est pas près de mettre la clé sous la porte

Si en 2018 le déséquilibre de l’offre et de la demande persiste sur le marché immobilier, l’inquiétude n’est pourtant pas de mise. Aux yeux de Michel Platéro, Président de la Chambre FNAIM du Grand Paris, l’investissement dans la pierre reste gagnant aujourd’hui et bien plus encore demain, avec les opportunités des transformations du Grand Paris. Décryptage.

2018, ventes en baisse et prix en hausse

« Au premier trimestre 2018, un léger retrait des ventes de l’ordre de -3% (41 000 ventes) a été constaté sur le marché de l’immobilier par rapport à la même période l’an dernier. », commence Michel Platéro. « Dans Paris intra-muros, le recul ‘net’ des volumes de transactions est de 10%. » Pourquoi ce ralentissement en 2018 ? « Principalement à cause du nombre de biens disponibles », répond Michel Platéro. « 2017 a été une cuvée exceptionnelle, un phénomène qui comme la Coupe du monde n’arrive qu’une fois. » Si les ventes reculent, les prix au m2, eux, continuent de grimper en Île-de-France : + 6,2% pour la capitale, soit plus de 9 000 euros le m2 en moyenne.

Michel Platéro, Président de la Chambre FNAIM du Grand Paris

Le déséquilibre entre l’offre et la demande qui persiste sur le marché immobilier francilien, tout comme la flambée des prix, se font particulièrement sentir à Paris. Notamment « à cause » de la politique de protection du patrimoine parisien. « Je ne critiquerai pas ce choix, car il nous permet de conserver notre paysage et maintient notre positionnement en tant que plus belle ville du monde », tempère le Président de la Chambre FNAIM du Grand Paris, avant de noter : « Si les prix sont aujourd’hui élevés en Île-de-France, la région reste bien moins chère que celle de Londres. D’autant plus que les 11 millions de Franciliens disposent à l’heure actuelle de nombreuses solutions financières pour accéder à la propriété, revendre leur bien pour en acheter un nouveau ou se constituer un patrimoine grâce à l’investissement locatif. »

Des taux bas qui ne risquent pas de remonter

Les banques ont en effet revu à la baisse leurs taux, déjà attractifs depuis plusieurs années. « Toutes ont à leur disposition un réservoir de quelques milliards d’euros destinés à l’octroi de crédits, ce qui leur permet d’afficher des taux très compétitifs. » L’économie tient grâce à cette baisse et ce n’est pas prêt d’augmenter. « Surtout que l’immobilier reste le placement préféré des Français ! »

Ceux qui, il y a cinq ou dix ans, avaient les moyens d’acheter un bien de 40 m2 peuvent désormais, avec le même remboursement, cibler des lots de 60m2. 

Conséquence pour les emprunteurs de ces taux particulièrement attractifs, passés en moyenne en dessous de 1,5% en juin 2018 ? La possibilité d’acquérir de plus grandes surfaces, avec une durée moyenne de remboursement qui s’allonge, passant de 15 à 20-25 ans. « Ceux qui, il y a cinq ou dix ans, avaient les moyens d’acheter un bien de 40 m2 peuvent désormais, avec le même remboursement, cibler des lots de 60m2. » Encore faut-il pour cela répondre à la pénurie de logements disponibles.

Le Grand Paris, une bouffée d’air frais pour le marché

 « Une fois le Grand Paris terminé, d’ici 2030, tout va enfin se stabiliser », assure Michel Platéro. Initié en 2007 par Nicolas Sakorzy, ce chantier pharaonique de 33 milliards d’euros répond à trois priorités : renforcer l’attractivité et la visibilité de la région Capitale, apporter plus d’équilibre et de cohésion sociale au sein de la métropole et améliorer le réseau de transports. 68 nouvelles gares, 200 km de rails supplémentaires et un nouveau « périphérique » sur l’A86 faciliteront les déplacements Paris-banlieue et de banlieue à banlieue, tout en améliorant l’intégration urbaine de la métropole. « Dans très peu de temps, Boulogne, Clichy ou encore Levallois deviendront tout simplement des quartiers de Paris. » Du côté de Nanterre, Colombes, Saint-Ouen ou encore le Bourget, la mue commence. « Il y a 20 ans, Issy-Les-Moulineaux et Boulogne ont connu un développement très dynamique, notamment grâce à leurs municipalités qui ont su attirer les entreprises. » Le même scénario est en train de se jouer, par exemple dans le Nord. « Les Jeux Olympiques de 2024 offriront un aperçu de ce qui attend les Franciliens dans les villes de Saint-Denis et du Bourget, avec de nouveaux logements – qui seront, dans un premier temps, destinés à la location pour le public – et de nouvelles infrastructures sportives. »

Au sein des futurs pôles d’activités du Grand Paris, les nouveaux logements respectueux de l’environnement devraient notamment redonner un nouveau souffle au marché immobilier. « Mécaniquement, la hausse des biens disponibles stabilisera voire fera baisser le prix au m2. »

En attendant l’arrivée de ces nouvelles infrastructures, Michel Platéro conseille aux Franciliens de profiter des conditions extrêmement favorables de l’immobilier pour acheter au-delà du périphérique. « En ciblant les logements disponibles à environs 800 mètres des 68 nouvelles gares vous serez sûr d’effectuer une bonne opération et de toujours pouvoir revendre par la suite le bien. En conclusion, et très honnêtement, je dirais qu’il faudrait être fou pour ne pas prendre un crédit aujourd’hui et saisir de telles opportunités ». C’est l’heure de prendre rendez-vous chez le banquier.

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