Aux côtés des agriculteurs franciliens

François Imbault, Président du Crédit Agricole d’Ile-de-France, répond aux questions du journal Horizons : l’occasion de tirer le bilan d’une année aux côtés des agriculteurs franciliens.

François Imbault, Président du Crédit Agricole d'Ile-de-France

Horizons : M. Imbault, vous aviez eu l’occasion de vous exprimer en fin d’année dernière sur la conjoncture agricole, quel regard portez-vous sur cette année 2017 ?

François Imbault : Malgré un niveau de rendement redevenu favorable, la situation reste assez précaire pour les agriculteurs franciliens qui ont subi la baisse des cours depuis le premier trimestre et qui doivent faire face maintenant au durcissement des critères environnementaux demandés par le gouvernement actuel. Le contexte nous incite à rester vigilants.

Face à ce constat, comment le Crédit Agricole d’Ile-de-France s’est-il illustré en terme d’accompagnement ?

Nous continuons bien entendu à financer le territoire avec plus de 1 400 dossiers de crédits mis en place depuis le début de l’année, représentant 88.6 millions d’euros de crédits réalisés (soit +14% en un an). Par ailleurs, face aux conditions météorologiques néfastes de 2017 – je pense aux gelées tardives de fin avril – impactant gravement les récoltes des arboriculteurs et maraîchers, nous avons mis en place des mesures de soutien à destination de ces exploitants comme nous l’avions fait les années précédentes pour aider les céréaliers à surmonter la crise. En 2016, plus de 2 300 dossiers avaient ainsi été instruits pour un montant global de 35 millions d’euros.

 

En quelques mots, quels sont vos faits marquants de l’année écoulée ?

Lors du Festival de la Terre 2017 à Egly (91), nous avons signé avec M. Frédéric Arnoult, Président des Jeunes Agriculteurs d’Île-de-France Ouest, le renouvellement de notre partenariat visant à accompagner les jeunes agriculteurs de notre région. Concrètement, ce partenariat permet de renforcer notre soutien à l’installation des jeunes par des conditions préférentielles en matière de financement et une participation financière à la mise en œuvre de leurs Plans d’Entreprise. Par ailleurs, nos experts interviendront en amont lors de stages de formation organisés par les JA ou par les lycées agricoles. Ainsi nous continuons pleinement à accompagner les JA, malgré la disparition des prêts bonifiés, à travers de nombreuses initiatives. On peut citer par exemple notre nouvelle offre « L’Installation by CA » qui regroupe l’ensemble des solutions dédiées au lancement des jeunes et simplifie grandement leur parcours.

Enfin, il me tient à cœur avec les élus de nos 52 Caisses locales de valoriser l’agriculture francilienne et d’en faire la pédagogie. C’est ainsi que nous avons permis à près de 1 000 enfants d’échanger avec de jeunes agriculteurs à l’occasion du Salon de l’Agriculture à Paris en mars et du festival « Les Terres de Jim » à Margny-lès-Compiègne (60) en septembre.

Des contraintes qui évoluent, une technicité demandée de plus en plus importante… Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui s’installe aujourd’hui ?

Il ou elle devra se focaliser sur 3 axes : se former, s’adapter et se sécuriser. Dans un premier temps, se former davantage par le biais des parcours aidés et des OPA qui permettent d’accompagner les jeunes agriculteurs en insistant principalement sur tous les aspects d’amélioration technique et de gestion. Puis s’adapter aux nouvelles technologies (les nouveaux outils, comme toutes les facilités du numérique) et aux nouvelles activités (la vente à la ferme, les circuits courts, les gîtes, etc.) qui devront être pensées dès le début pour diversifier les sources de revenus. Et enfin, se sécuriser en se protégeant des aléas climatiques par exemple avec l’assurance récolte.

Et comment voyez-vous la relation bancaire de demain ?

Les agriculteurs sont de fins utilisateurs des outils digitaux pour simplifier leur quotidien, tout en restant dans la proximité du terrain. J’imagine la relation bancaire dans cet état d’esprit : 100% digitale et 100% humaine. C’est le modèle que nous défendons et que nous développons au Crédit Agricole d’Ile-de-France, avec l’ambition de devenir la banque préférée des Franciliens.

À lire aussi